En partenariat depuis 1995 avec Pain Pour le Monde, l’AMAPEF réalise des projets triennaux orientés sur le développement intégré. La mission de l’AMAPEF (Association malienne pour la promotion des entreprises féminines créée en 1991) est de contribuer, comme son nom l’indique, au développement socio-économique des femmes au Mali par la promotion de leurs initiatives économiques.
Le présent projet a démarré en avril 2003 pour prendre fin en 2006. Il concernait les groupements de femmes de Sogonafing, Koko, Kati Farada, Koulininko, Sirakorodounfing et Banankabougou dans le district de Bamako, la ville de Kati et les populations de Dombila avec ses huit villages (Koyan, Kodialan, Bouabougou, Songho, Djinidjè Tomba, Sijankoro et Dombila) pour un budget total de 91.421.203 F cfa. La phase actuelle a fait l’objet de l’adhésion des populations qui ont elles-mêmes souhaité la consolidation des acquis en vue de l’extension aux autres villages.
Dans son approche intégrée du développement, l’AMAPEF privilégie une combinaison d’activités d’épargne crédit, de sécurité alimentaire, de santé de base, de renforcement de capacités institutionnelles des groupes locaux, de protection des forêts dans un contexte de décentralisation et de démocratie locale. Pour atteindre ces objectifs, l’AMAPEF oeuvre en partenariat avec le conseil du village, la mairie, les ONG intervenant dans la zone et les services techniques. [1]
Parmi l’ensemble de ses activités, l’AMAPEF a choisi de mettre en valeur les volets "santé" pour la commune de Diombila. Elle constate en effet que l’appui à l’organisation de la santé et l’information ont contribué à l’amélioration sensible des conditions de vie des populations.
Dans la zone, les populations de la commune de Diombila sont parmi celles dont les besoins sont les plus grands. Il y a un fort taux d’analphabétisme, l’insécurité alimentaire sévit et il manque des infracstructures et des services de santé. Le cadre de vie était dans un état désolant.
La localité de Dombila ne connaissait que de ponctuelles interventions sanitaires jusqu’à 2006, date à laquelle le chef lieu de commune a vu l’implantation d’un centre de santé communautaire. Les populations disposaient de peu de connaissances en pratiques sanitaires comme en témoignent :
l’inapplication des mesures d’hygiène
la méconnaissance des conduites alimentaires adéquates,
l’exposition des puits aux eaux de ruissellement,
l’inexistence de latrines.
Tout cela favorisait l’expansion des épidémies de diarrhées, de dysenteries et de dermatoses auxquelles s’ajoute une malnutrition forte des enfants de 0 à 5 ans.
Face à ces menaces réelles par rapport à la santé de la population, l’AMAPEF a inscrit un volet santé dans ses axes d’intervention.
Afin de fournir des conditions de base saines, l’AMAPEF a misé sur l’amélioration de la sécurité alimentaire dans la zone au travers de :
la constitution et l’équipement de trois banques de céréales,
la dotation des banques de céréales de fonds de roulement,
la mise en place des organes de gestion formés à la tenue d’outils de gestion et sur leurs rôles et responsabilités,
l’assurance de la sécurité alimentaire pour les populations des villages en période de soudure,
la formation des populations aux techniques de compostage et de lutte anti-érosive,
l’augmentation de la productivité dans les champs tests.
En ce qui concerne les secteurs sanitaires privilégiés, l’AMAPEF s’est attaché à l’organisation de l’assainissement et de la santé, ainsi qu’à l’information des populations de Dombila, Sidjankoro, Tomba, Songhon, Djinidjé, Koyan, Bouabougou, Kodialan.
Elle a concentré ses actions sur :
l’hygiène et l’assainissement du cadre de vie.
l’alimentation et la nutrition
l’approfondissement des connaissances des populations sur les MST/Sida
la construction des latrines par les villageois,
l’initiation des journées de salubrité et d’assainissement dans les villages
L’AMAPEF a appuyé la mise en place de comités de santé dans les villages et instauré des campagnes de salubrité. Celles-ci sont des journées de salubrité qui ont lieu à tous les mois.
Elle a organisé de nombreuses causeries-débats, notamment sur le thème des maladies sexuellement transmissibles, le VIH Sida, le paludisme, le planning familial et la vaccination. Des démonstrations culinaires ont permis d’apporter des conseils pratiques en nutrition pour améliorer l’alimentation quotidenne (bouillie enrichie, soupe enrichie de tomate, laro, etc) à la mesure des moyens des populations ; les bienfaits s’en ressentent sur toute la famille. 825 enfants ont bénéficié des connaissances acquises dans le cadre des démonstrations culinaires. Le taux de malnutrition a fortement diminué.
L’ONG a aussi procédé à la javellisation des puits avec les populations ; 272 puits ont été traités. Cette action de prévention, combinée à la construction de 96 latrines qui ont bénéficié d’une forte adhésion des populations, ont provoqué un changement de mentalité salutaire par rapport à l’hygiène du milieu et à l’assainissement. Les familles utilisent régulièrement les latrines. C’est ainsi que les populations ont elles-mêmes constaté qu’il y a une réduction des pandémies de diarrhées et de dysenteries pendant la saison des pluies grâce à la javellisation des puits et l’application des autres règles d’hygiène.
A travers la baisse de ces maladies et l’amélioration de la nutrition des enfants, les populations se sont rendues compte de l’impact de l’assainissement et de l’hygiène sur le cadre de vie. Combinés aux autres actions (appui aux initiatives économiques et à l’organisation des communautés notamment), ce volet santé élargi à l’assainissement a eu un impact significatif sur les conditions de vie des populations qui s’améliorent sensiblement dans une perspective durable.
L’information, accompagné de démonstration, permettent aux populations de constater eux-mêmes les évolutions de leurs conditions et cadre de vie, de la santé générale des familles, et d’adopter des comportements qui peuvent être durables. Parmi l’ensemble des activités réalisées dans ce projet de développement intégré, l’ONG AMAPEF souhaite mettre en valeur les activités d’information sur la nutrition, la santé et l’assainissement. Le développement durable, c’est bien souvent un changement de mentalité et de comportement. Dombila est sur la bonne voie.

Canevas de capitalisation des Conventions Locales de GRN