La Commune rurale de Sanankoro Djitoumou est située à environ à 120 km de Bamako ; elle compte 27 villages et plus de 500 familles pour une population estimée à environ 11.082 habitants. Elle fait partie du cercle de Kati, région de Koulikoro, dont elle est l’une des communes les plus pauvres du cercle de kati.
L’ONG AMEF intervient dans la zone depuis l’année 2000. Son intervention a d’abord débuté dans les communes rurales de Ouelessebougou, Faraba, et Kourouba. Suite à cela, une étude d’identification a été menée du 02 mars au 31 mars 2004 aboutissant à l’identification et l’exécution du projet : Promotion des conditions de vie des femmes et enfants dans la commune rurale de Sanankoro Djitoumou, cercle de Kati.
Le projet est implanté dans le village de Seliban situé à 6 km du chef lieu de commune. Il est destiné principalement au groupement de femmes mis en place par les femmes de la localité elles mêmes au cours d’une assemblée générale à Seliban. Le groupement des femmes a pour but de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer le développement des conditions de vie des femmes et des enfants.
Le projet a coûté 5.834.160 F cfa pour une durée de 12 mois (d’octobre 2005 à octobre 2006), avec comme partenaire financier international Journée Mondiale de la Prière des Femmes (JMPF)/Allemagne et la mairie de la commune de Sanankoro Djitoumou comme partenaire local.
Cette initiative se fonde sur la volonté du groupement "femmes Benkadi" d’entreprendre une activité afin de sortir de leur situation de précarité, c’est-à-dire assurer leur propre développement. L’aspect le plus intéressent de cette initiative est l’amélioration des conditions de vie des femmes, des enfants de 0 à 5 ans, et la prise en charge de leur état de santé.
Ce choix découle de l’intérêt et l’appui que la population, les autorités traditionnelles et communales ont réservé au projet depuis sa phase d’identification jusqu’à l’exécution des activités qui aboutira à :
l’amélioration du revenu de la femme,
l’amélioration de l’état de santé/nutritionnel des enfants,
la constitution d’un comité de gestion qui est devenue l’exemple dans toute la commune,
l’acquisition d’une reconnaissance légale pour le groupement de femme.
Appui au groupement "Femmes Benkadi"
Dès le départ de la mise en place du groupement de femme, elles ont été organisées à plusieurs niveaux de production. L’exploitation du périmètre maraîcher était effectué par les femmes. Pour l’attribution des parcelles des critères telles que la disponibilité, l’attitude physique et le courage des femmes étaient exigés. Les femmes sont les seules bénéficiaires et elles sont appuyées généralement dans leurs activités par les hommes (pour les travaux durs et pénibles). Pour la bonne réalisation des activités, une technicienne d’agriculture a été recrutée ; sa tâche consistait à l’encadrement et appui conseil du groupement.
Pour cela, la technicienne a établi de concert avec les femmes un calendrier de travail. C’est ainsi que deux comités ont été mis en place : un comité de gestion et un comité de commercialisation.
Le comité de gestion est constitué de 5 femmes élues démocratiquement. Il a pour rôle une bonne gestion de l’exploitation du périmètre maraîcher, des arrosoirs et autres équipements collectifs. Il est aussi un comité de gestion des conflits.
quant au comité de commercialisation, sa tâche se résume à la collecte, la pesée et à la fixation des prix des produits maraîchers des exploitantes. Le comité de commercialisation assure l’écoulement des produits maraîchers sur les marchés environnants et de Bamako.
Après chaque commercialisation, une somme forfaitaire est soutirée pour la caisse commune. Ces prélèvements permettent d’assurer une prise en charge autonome à la fin du projet, l’extension du périmètre et l’amortissement des investissements. Ces sommes étaient gérées par le comité de gestion. A chaque assemblée générale, un compte rendu sur la situation financière est fait.
L’encadrement socio-éducatif des femmes pour la bonne gestion de leurs initiatives
Il faut noter que 40 femmes ont été choisies pour les initier à la lecture, à l’écriture, au calcul en Bamanan ainsi qu’aux techniques de maraîchage. La formation s’est étendue sur 10 mois. Les membres des deux comités devaient être obligatoirement présentes lors des séances de formation. Avant la fin du projet, 4 femmes ont été choisies pour assurer la relève. Les cours du soir ont été privilégiés compte tenu de l’occupation des femmes pendant la journée.
De suite des causeries entre les femmes et l’animatrice, celle-ci a utilisé les ustensiles de cuisine locaux pour différentes démonstrations culinaires. Ces séances contribuent à mettre en valeur les produits locaux maraîchers afin d’améliorer les habitudes nutritionnelles des familles. Deux animatrices locales seront choisies afin d’assurer la relève au terme du projet.
Au cours des séances d’animation, des informations précises étaient données par l’animatrice sur les éléments essentiels de la santé maternelle, infantile, de l’hygiène, et de la nutrition. Pour mener à bien ce travail, l’animatrice répartie les femmes en plusieurs groupes en vue d’une diffusion fluide des informations. Elle fait usage, sur le plan pédagogique, d’outils tels que les boites à images, les slogans, et les chants du terroir.
Les résultats de l’initiative
L’initiative a permis une certaine autonomie financière des femmes car le revenu des femmes du groupement est passé de 500 F à 2.000 F CFA/mois au terme de l’échéance. Ce constat fait suite à l’évaluation effectuée au dernier mois du projet. Elle a été faite sur la base d’un sondage complété par une enquête réalisée sur l’ensemble des bénéficiaires du projet.
L’état de santé des enfants s’est amélioré. En effet, sur 50 enfants recensés au début du projet présentant des signes de malnutrition, tous ont repris leur forme normale. En outre les revenus issus de l’exploitation du périmètre maraîcher ont été en partie investis dans l’extension du périmètre maraîcher. Ils ont permis aussi une diversification des activités du groupement des femmes BENKADI.
Grâce à l’assistance technique et matérielle de l’AMEF, les cultures de maraîchage ont été valorisées par les femmes. Les produits qui en découlent sont commercialisés sur les marchés environnants. Par conséquent, il ressort une augmentation des revenus des ménages dont les impacts peuvent être bénéfiques pour les plus précarisés, les femmes et les enfants.
Au terme du projet, l’évaluation a démontré que les résultats reflètent les objectifs initiaux. En ce sens que les femmes sont en mesure de :
sevrer correctement les enfants,
préparer les menus équilibrés,
détecter et récupérer les enfants souffrant de mal nutrition,
réhydrater les enfants atteints de diarrhée,
accroître le revenu des femmes par la mise en valeur d’un périmètre maraîcher,
renforcer la capacité à travers leur organisation (alphabétisation, et l’appropriation des techniques maraîchères),
constituer un comité de gestion qui est devenu l’exemple dans toute la commune,
acquérir une reconnaissance légale pour le groupement de femmes. Elles continuent d’exploiter le périmètre maraîcher.
Conclusion
A la fin du projet, les activités ont été confiées à un comité de gestion démocratiquement mis en place dans le village. Six femmes ont subit une formation par volet (maraîchage, éducation pour la santé et alphabétisation) afin que le travail enclenché par l’ONG puisse avoir une continuité même après le désengagement de l’organisation.

Canevas de capitalisation des Conventions Locales de GRN