Introduction
Sanankoroba est une zone à 35 km de Bamako, situé sur un axe routier très fréquenté. La dégradation des ressources naturelles dans la zone de Sanankoroba par l’exploitation abusive des ressources ligneuses pour les besoins de consommation énergétique de la capitale (Bamako) ont amplifié la dégradation du potentiel de production et la pauvreté des ménages.
Les populations sont confrontées à :
un déficit de rendement due à l’infertilité des sols,
la diminution et l’inégale répartition des précipitations,
la pression croissante du centre urbain (Bamako) sur les ressources naturelles pour la satisfaction de leurs besoins en bois énergie, en terres cultivables et autres produits forestiers,
aux pratiques agricoles non adaptées,
au faible niveau d’organisation des structures paysannes et les insuffisances constatés dans la gestion décentralisée des ressources naturelles.
Tous ces problèmes sont autant de facteurs qui aggravent d’avantage la pauvreté ainsi que l’insécurité alimentaire et sanitaire des populations dans les communes de Sanankoroba, Bougoula et Dialakoroba.
L’AMCFE a son antenne locale depuis 1995 dans la localité de Sanankoroba. En 1995, elle a été sollicitée par la population afin d’identifier des initiatives de développement au niveau de quatre villages de de la sous-préfecture de la zone.
Les résultats de l’étude conduite par l’ONG avec les populations ont permis le montage et l’exécution du 1er projet qui bénéficia de l’appui financier de l’ONG Allemande : Pain Pour le Monde en 1996 pendant deux ans. Au démarrage des activités, le projet couvrait quatre villages. Actuellement il en est à sa 4ème phase et couvre onze villages avec le même partenaire financier.
L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration des initiatives de développement écologiquement durable des populations de la sous-préfecture de Sanankoroba.
Impacts de l’initiative
L’initiative vise plusieurs impacts :
le renforcement des capacités locales par l’émergence dans les villages des relais bien formés et capables de se substituer à l’équipe d’encadrement pour la mise en oeuvre de certaines activités.
L’amélioration de la santé des populations, particulièrement celle de la mère et de l’enfant : (suivi nutritionnel des enfants pour une diminution des maladies et de la mortalité infantile).
La disponibilité des produits maraîchers.
L’augmentation sensible des revenus des populations (les femmes) à travers le maraîchage.
Des impacts environnementaux : émergence d’initiatives de conservation des ressources naturelles, d’une conscience environnementale des populations.
Mise en oeuvre de l’initiative
La mobilisation et le partenariat
Le programme est mis en oeuvre dans le cadre d’un partenariat avec l’ensemble des acteurs impliqués dans le développement des villages et des communes concernées :
populations pour la conception et la mise en oeuvre du projet,
élus locaux pour la mise en oeuvre des activités du projet et celles initiées par les élus communaux dans le cadre de leur Programme de Développement Social, Economique et Culturel (PDESC) (cas de l’élaboration de la convention locale dans la gestion des ressources naturelles de la commune rurale de Bougoula),
des services techniques et administratifs,
des institutions de recherche (telles que l’Institut d’Economie Rural (IER) pour l’approvisionnement en semences de variétés améliorées de sorgho et l’Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l’Ouest ADRAO pour les semences des riz de bas fonds),
des ONG comme Malifolkecenter pour des activités de crédits et maraîchage à l’intention des femmes.
La durabilité sociale des actions inscrites au programme
Afin de consolider les acquis sociaux des actions, leur pérennisation et leur appropriation par les communautés, l’ONG a procédé au renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles des groupements paysans à travers l’éducation et la formation, l’animation, la sensibilisation, les visites d’échanges, les concertations entre utilisateurs des ressources et l’élaboration d’une convention locale de gestion des ressources naturelles.
Déjà, l’expertise de certains paysans est utilisée dans les sessions de formation paysannes, en matière de conservation des eaux et sols et de fertilisation, de production de plants et de reboisement. La même démarche est utilisée pour conduire les sessions de formation en Conservation des Eaux et Sols/Défense et Restauration des Sols (CES/DRS).
Le désengagement
Le processus de transfert de responsabilité et de désengagement est progressif, au fur et à mesure que des domaines d’activités sont maîtrisés par des groupes cibles dans un village, l’ONG se désengage au profit d’autres villages.
C’est ainsi qu’un désengagement total se fera dans certaines activités comme la conservation des eaux du sol et la fertilisation, la nutrition, le crédit agricole qui sont maîtrisés par les populations dans les premiers villages ou comme l’alphabétisation où déjà d’autres structures d’appui comme le volet alphabétisation de l’Office de Hautes Vallées du Niger (OHVN) coexistent dans les mêmes villages et souvent avec les même groupes cibles.
L’accompagnement dans ces anciens villages est axé désormais sur le suivi des périmètres maraîchers, l’épargne crédit, l’appui technique et organisationnel aux organisations paysannes, la mise en place d’outils de planification locale et de gestion participative des ressources naturelles (convention locale, SAT).
Résultats obtenus
Parmi les résultats, on peut retenir :
L’élaboration d’une convention locale de gestion des ressources naturelles dans la Commune de Bougoula qui a contribué à la cessation de la coupe de bois de chauffe à des fins commerciales sur toute l’étendue de la commune.
La sécurisation et l’aménagement de sept périmètres maraîchers et des puits à grand diamètre.
La mise en place d’une banque de céréale ;
La mise en place d’une caisse d’épargne et crédit
Le renforcement des capacités organisationnelles et techniques des populations au travers de nombreux ateliers de formations. Par exemple, la maîtrise des techniques de fertilisation et de conservation des sols permet à beaucoup de paysans de produire de la fumure organique à travers les fosses compostières et les parcs améliorés, de mettre en place des cailloux et des bandes enherbées sans l’appui de l’ONG. Il en est de même pour les femmes qui construisent leurs propres foyers améliorés en banco.
La construction d’un micro barrage de retenue d’eau à Douba, Commune de Bougoula.
Des schémas d’aménagement du terroir ont été élaborés pour huit villages.
Les activités agroécologiques ont permis de récupérer d’importantes superficies menacées d’abandon qui ont été restaurées et fertilisées, ce qui a augmenté leur productivité. Aussi, il y a l’émergence de la conscience environnementale.
Des impacts sur les relations sociales (genre) : Les femmes sont de plus en plus consultées pour certaines décisions familiales et même villageoises.
L’extension du programme à d’autres localités de la région de Koulikoro
Témoignages
Les élus des communes de Sanankoroba, de Dialakoroba et de Bougoula, les services de la conservation de nature de Sanankoroba, l’ONG Mali Folkcenter et le Cabinet d’Assistance au Développement Participatif (CADP) sont entre autres des témoins privilégiés des résultats obtenus sur le terrain.

Canevas de capitalisation des Conventions Locales de GRN