Présentation du Centre de Développement Participatif pour l’Enfance (CERDEPE)
ONG malienne fondée suivant le principe démocratique, le CERDEPE constitue un centre de promotion du bien être des enfants, donc jouissant pleinement de tous leurs droits. Cette ONG aspire à être une structure d’orientation et d’appui pour l’amélioration des conditions de vie des communautés tout en tenant compte du référent genre pour la promotion des enfants.
Au fil des années, le CERDEPE a développé une expertise d’intervention en santé, plus particulièrement en matière de IST/VIH/SIDA vis-à-vis des populations et des groupes dits à hauts risques.
Le CERDEPE dispose de partenaires techniques et financiers qui sont : USAID/Mali à travers le CDC/Atlanta (Center of Deasese Control Atlanta), PSI/Mali (Population Service International) et GP/SP (Groupe Pivot Santé Population) en collaboration avec le Haut Conseil National de Lutte contre le Sida HCNLS, ACWW7 (Associeted Country Women of the World), JMPF (Journée Mondiale de la Prière pour les Femmes), AGC (Agence de Gestion de Contrats)/AGF (Agence de Gestion des Finances).
Expérience du CERDEPE en matière de IST/VIS/SIDA dans les milieux à hauts risques
Le CERDEPE fit ses débuts en matière de lutte contre les IST/VIH/Sida à partir de 1995. Lafiabougou (Bamako) a constitué le site test de cette opération initiale. Elle s’inscrivait alors dans le projet national de lutte contre les IST/VIH/Sida. Cette initiative axée sur la sensibilisation, l’information des populations sur les risques et dangers liés aux IST (Infection sexuellement transmissible) et au VIH/Sida a été réalisée grâce au partenariat avec le GRID (Groupe de recherche et d’actions pour le développement) et l’USAID.
Il y a lieu de souligner que le groupe pivot a participé à toutes les actions initiées par le CERDEPE dans la perspective de la lutte contre le Sida. En outre, le CERDEPE lance en 1997 une autre campagne de lutte contre les IST/VIH/Sida à Markala (Ségou) avant d’étendre ses actions pour la même cause à la ville de Segou en 2004.
Dans cette ville, le taux de prévalence, selon ISBS II (Enquête sur les infections sexuellement transmissibles (... ) et comportements ) était de 37,7% contre 2,8% seulement à Bamako. La campagne de Ségou s’inscrivait toujours dans le cadre du programme national de lutte contre le Sida.
Les travailleuses du sexe et les IST/VIH/SIDA
Au Mali, le travail du sexe n’est pas légalisé. Il est pratiqué par des femmes étrangères majoritairement (selon les résultats de l’enquête démographique de santé, EDS III). Néanmoins, depuis quelques décennies, avec l’accentuation de la pauvreté, la dégradation des mœurs et coutumes, nombre de maliennes s’adonnent, de façon clandestine, au travail du sexe pour des motifs économiques et sentimentaux. Ces travailleuses du sexe sont de divers statuts sociaux : scolaire, veuve, divorcée, malienne et étrangère etc... Elles travaillent dans les zones parsemées d’établissements hôteliers, de restaurants, de bars. Elles opèrent occasionnellement dans les rues. Les rapports sexuels non protégés favorisent la propagation des IST/VIH/Sida au sein des communautés.
Suivant les résultats de l’étude intégrée sur la prévalence des IST/VIH/Sida, le comportement sexuel (ISBS I et II) dans les lieux à hauts risques et les résultats de EDS (Enquête Démographique de Santé) I, II et III Mali à Bamako, la situation est délicate pour la simple raison que ce site abrite les endroits à même de favoriser les tentations sexuelles clandestines (gares routières, bars, hôtels...). Ainsi donc, le taux de prévalence du VIH serait plus élevé à Bamako comparativement au taux national qui est de 1,7% selon EDS III.
Le taux de prévalence risque de s’accroître à cause de la dégradation progressive des mœurs et coutumes au Mali. En effet, Ségou et Kayes connaissent aussi cette situation.
Les femmes travailleuses clandestines du sexe sont de plus en plus nombreuses ; elles sont très exposées aux risques de l’expansion des IST/VIH/Sida. Elles constituent un groupe cible à éduquer. Mais il n’est pas facile pour les éducateurs de les identifier afin de les sensibiliser. C’est pourquoi, il est nécessaire de mener des actions intégrées à leur égard en vue de protéger toute la communauté. Pour cela, il va falloir tenir compte de leur code de communication, leur mobilité, leur calendrier d’activités, leur rapport avec les autres groupes de la société.
Une stratégie intégrée
La présente initiative a pour objectif général de contribuer à amoindrir la transmission des IST/VIH/Sida par l’éducation aux nouveaux comportements et la réduction de la vulnérabilité des travailleuses clandestines de sexe à Ségou, Kayes et à Bamako en commune IV. Elle se justifie à travers la politique générale du Gouvernement de lutte contre les IST/VIH/Sida, engagée depuis 1992 avec la mise en place du Programme National de lutte contre le Sida, puis la mise en place du Haut Conseil de Lutte contre le Sida.
La stratégie vise à promouvoir des activités de diagnostics et de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST), à la prévention du VIH/Sida via les services de VCT (Conseils et tests sur le virus) de travailleuses de sexe (TS) et de travailleuses clandestines de sexe (TSC). Elle met l’accent sur l’accès aux informations et aux services nécessaires à la prévention des IST/VIH/Sida.
C’est ce qui préoccupe le CERDEPE à travers sa stratégie d’identification et de renforcement du CCC (communication pour le changement de comportement) auprès des groupes cibles à Ségou, Kayes et Bamako. La dite stratégie s’appuie sur les « keneya kene ». Cet espace public de santé regroupe 10 à 15 personnes de statuts divers (travailleuses de sexe, travailleuses clandestines de sexe, membres, volontaires). Un accent particulier est mis sur la formation et l’encadrement des paires éducatrices.
Elle prône l’identification des travailleuses du sexe pour les sensibiliser, le renforcement du CCC (causeries éducatives, visites à domicile, counseling, projection vidéo, la référence, les activités événementielles) auprès de groupes cibles (grins) à Ségou, Bamako et Kayes, à travers les « keneya kene ».
Dès le départ du projet, les résultats attendus étaient :
La contribution à la réduction de la transmission des IST/VIH/Sida par l’appropriation de nouveaux comportements ;
La protection des femmes travailleuses clandestines de sexe contre la propagation des IST/VIH Sida
La création d’un Centre de Dépistage et d’orientation des personnes vivants avec le VIH dans la Commune IV
La couverture totale des quartiers identifiés et l’extension du projet à d’autres quartiers proches qualifiés de sensibles.
L’augmentation du nombre du personnel et de logistique pour un meilleur suivi des activités du projet
La prise en charge des travailleuses professionnelles et clandestines du sexe afin de contenir leur vulnérabilité économique consécutive à la propagation du VIH/Sida.
Extrait de résultats du trimestre juillet, août, septembre 2004 à Ségou
Avec l’introduction du programme de planification familiale, les activités de la CIP ont connu une hausse. Mieux, avec la prolongation annoncée pour la prise en charge des motivations des pairs éducateurs, un bon résultat a été obtenu dans tous les sites du projet (6.122 personnes touchées ; 170 matériels promotionnels distribués). La campagne offensive de sensibilisation a permis d’avoir des volontaires pour les prochains trimestres. 138 personnes ont été référées.
Pendant ce trimestre,le CERDEPE a organisé une activité événementielle touchant 381 personnes.
Afin de pérenniser les activités, le CERDEPE a reçu l’association des jeunes pour le soutien des servantes de Ségou (AJSS) et cela pour une nouvelle synergie d’actions dans la lutte contre les IST/VIH/Sida.
L’animatrice du projet intégré de planification familiale a été impliquée dans la formation des paires éducatrices.
Extrait de résultats du trimestre juillet, août et septembre 2004 à Kayes
| Tableaux récapitulatifs de résultats | |
|---|---|
| VOLET I : Prévention sensibilisation | Résultats obtenus |
| mise en place des keneya kene | 11 keneya kene sont crées regroupant 103 personnes |
| Identification des pairs éducateurs | 110 pairs éducateurs (les jeunes, familles des militaires, routiers, saisonniers et auprès des travailleuses clandestines du sexe ; |
| Identification des membres | 103 membres (travailleuses clandestines de sexe et femmes militaires) |
| Formation des pairs éducateurs | 110/110 pairs éducateurs et les 2 agents du projet sont formés |
| Causeries éducatives | 306 sur 280 de prévues ont été réalisées dont 3.733 personnes touchées |
| VAD | 319/280 sont réalisées |
| Counselling | 374/480 sont réalisés |
| Projection de film | 74/88 sont réalisées |
| Distribution vente de préservatifs | 602 sont distribués aux pairs éducateurs pour les démonstrations |
| Réunions et concertations | participation à toutes les concertations |
| VOLET II : Dépistage conseil | Résultats obtenus |
| Référence pour IST | 138 cas référés |
Extrait de résultats du trimestre juillet, août et septembre 2004 à Bamako
| Tableaux récapitulatifs de résultats | |
|---|---|
| VOLET I : Prévention sensibilisation | Résultats obtenus |
| mise en place des keneya kene | 31 keneya kene sont fonctionnels/31 prévus |
| Identification des pairs éducateurs et choix des marraines | chaque keneya kene a 2 pairs éducateurs et une marraine |
| Identification des membres | les membres sont regroupés au niveau des keneya kene |
| Formation des pairs éducateurs | 62/62 pairs éducateurs et les 2 agents du projet sont formés (formation et recyclage) |
| Causeries éducatives | 2548/2480 sont effectives soit 7493 femmes touchées |
| Visites à domicile | 1584/4464 sont réalisées |
| Centre d’écoute | 1 centre d’écoute est crée/01 prévu |
| Counseling | 512/632 réalisés |
| Projection de film | 53 sont réalisées au centre d’écoute et 146 dans les keneya kene soit 199 projections réalisées/186 prévus |
| Distribution vente de préservatifs | 626 condoms masculins distribués ; 751 condoms féminins distribués ; 1.222 condoms masculins vendus ; 270 condoms féminins vendus soit 1492 condoms vendus/2543 prévus |
| Réunions et concertations | Les activités de formation sont planifiées et effectuées. L’activité de masse est organisée en novembre 2006 |
| Référence | 138 sont référées pour les IST vers les CSCOM |
| Point de vente créé | 32/32 crées |
| VOLET II : Dépistage conseil | Résultats obtenus |
| 987 personnes touchée par la stratégie avancée | dont 876 conseillers et 111 tests de dépistages réalisés |
Les impacts
Parmi les impacts, il convient de citer :
la réduction de la vulnérabilité des travailleuses du sexe et des travailleurs clandestines du sexe, à travers des comportements moins risqués
la reconversion de certaines d’entre elles,
l’augmentation du nombre de dépistage volontaire,
l’alphabétisation des paires éducatrices et membres du groupe
l’éducation populaire (nombre de personnes assistant aux activités événementiels, niveau de connaissance de base sur les IST/VIH /SIDA.
Note : les résultats proviennent des rapports de l’ONG approuvés par les partenaires.

Canevas de capitalisation des Conventions Locales de GRN
