Introduction
L’initiative repose sur la maîtrise totale des eaux de surface, dans une zone à faible pluviométrie, afin de prévenir l’autosuffisance alimentaire et générer des revenus monétaires pour les ménages. Le village de Sérédji est situé dans la région sahélienne du Mali. Cette région est soumise de façon perpétuelle à une variation inter annuelle de la pluviométrie (en moyenne 250 à 420 mm), caractérisée par une baisse tendancielle des précipitations. La persistance des années de sécheresse constitue la principale problématique de développement pour les zones sahéliennes.
Depuis trois décennies, la pression démographique et la nécessaire augmentation de la production agricole pèsent de plus en plus sur le terroir villageois déjà fortement fragilisé par des périodes de sécheresse prolongées. Pour trouver des solutions à ces contraintes, le village de Sérédji a adressé à l’Agence KARED une demande d’appui à l’aménagement et l’exploitation de son bas fond.
L’aménagement et la mise en valeur du bas fond accompagnent donc une nouvelle dynamique rurale, suscitée par un contexte climatique et social en évolution permanente avec les objectifs suivants :
développer la production agricole : riziculture, maraîchage, cultures de décrue dans le bas fond à travers la maîtrise des eaux de surface (30 ha de superficie en riziculture pluviale, en maraîchage et cultures de décrue).
Satisfaire les besoins en eau du village et du cheptel à travers la recharge de la nappe phréatique.
Pourquoi Sérédji ?
Sérédji est le premier village de la zone d’intervention du Programme d’Appui aux Communes et au Développement Local (PACEDEL) où le parcellaire (partage égalitaire des terres aménagées) du bas fond a été accepté par les propriétaires fonciers.
Un accord entre les propriétaires terriens et la population définit la répartition des terres entre les unités de production agricoles (UPA) du village et les règles de gestion et d’exploitation. Ces règles avait été préalablement établies entre les propriétaires fonciers et la population pendant la phase préparatoire du projet. Cet accord a été acquis à Sérédji à la suite de plusieurs séances de travail et de réunion avec les propriétaires fonciers et la population (recensement de la population, élaboration et signature de la convention).
Le parcellaire est comme un prêt pour « droit d’usage » dont la validité dépend de la durée de vie de l’ouvrage. Il prend fin le jour où l’ouvrage n’arrive plus à retenir l’eau pour satisfaire les besoins des cultures. "C’est pourquoi cette initiative réussie nous a motivé en vue de la partager avec d’autres", explique l’ONG. "Dans d’autres zones, les propriétaires fonciers n’ont pas voulu faire partager cette expérience : ce qui a souvent conduit au retrait des fonds destinés à l’aménagement."
Approches méthodologiques aboutissant à la réalisation et à la valorisation de l’ouvrage
L’idée du projet, la formulation de la demande par la communauté (autorités traditionnelles, propriétaires fonciers et chefs d’unités de production agricoles UPA) est l’initiative des communautés de base qui, en concertation avec la commune, ont apprécié la pertinence du projet. Par conséquent, elles ont soumis leur demande à l’ONG KARED qui intervient dans la zone depuis plusieurs années.
La demande a subi une analyse au niveau de la cellule d’appui de l’ONG, qui a vérifié la pertinence des objectifs et la faisabilité socio-économique et technique au niveau de la commune et du village. L’inscription de l’action au plan opérationnel s’est faite au cours des assises du comité de pilotage où tous les partenaires du programme sont représentés et donnent un avis tranché sur le projet demandé (financement, réalisation, exploitation et maintenance).
Des études de faisabilité ont été conduites par la cellule d’appui avec une forte implication des bénéficiaires directs à toutes les phases du processus (élaboration du dossier technique, restitution et validation, signature de la convention, financement, réalisation, gestion, exploitation et maintenance de l’infrastructure). Le dossier est soumis au financement des partenaires (Associations de migrants, jumelages, programme d’appui et bénéficiaires) puis à la validation du projet avec les populations.

Une fois le projet validé par les populations, l’ONG KARED a procédé à la réalisation, avec la population, des activités de :
Information sur la validité de la convention établie sur le foncier et l’exploitation,
Réalisation et attribution des parcelles,
Mise en place du comité d’exploitation et de gestion,
Formation du comité d’exploitation et gestion élargi aux exploitants et propriétaires fonciers,
Mise en place du dispositif de suivi hydro-agricole(semences, outils, fiches,parcelles test…
Appui/conseils et encadrement des exploitants,
suivi exploitation de la campagne.
Résultats du barrage
Sur le plan social, le développement des activités agricoles autour du barrage a permis de créer plusieurs emplois en contre saison et ainsi de réduire l’exode rural.
Dans le domaine alimentaire, la réalisation du micro-barrage dans le bas fond de SEREDJI a permis d’atteindre les résultats sûrs.
Le retour des 75 Unités de Production Agricoles (UPA) du village dans le bas fond pour la production rizicole soit une superficie cultivée de 30 ha.
l’introduction et l’adoption de 5 variétés de semence de riz amélioré avec une production moyenne de annuelle de 105 tonnes de riz Paddy.
Le développement de la culture du maïs en décrue avec une production totale de 20 tonnes par an.
L’aliment de base étant le mil, l’aménagement a permis aux familles de diversifier les plats et la qualité des aliments. Le riz devient alors une ration alimentaire habituelle pour le déjeuner dans les familles.
Sur le plan économique, chaque unité de production alimentaire a dégagé un bénéfice annuel substantiel. Ce qui a permis aux bénéficiaires de financer d’autres équipements de production, de payer les taxes, ainsi que les dots de mariage pour certains.
Dans le domaine du maraîchage, le rehaussement de la nappe phréatique dans le bas fond a permis de développer des activités de maraîchage par une centaine de femmes et d’hommes. La production moyenne en oignon (qui est la culture principale) est de 150 tonnes. Le bénéfice annuel dégagé a permis de financer les trousseaux de mariage, l’achat d’animaux, de s’occuper de l’éducation des enfants et l’amélioration du cadre de vie des femmes à travers l’habillement et les parures.
En plus du développement des activités agricoles, l’ouvrage a permis au village d’avoir facilement accès à l’eau pour les besoins domestiques et pastoraux. D’autre part, les résidus de récolte (paille de maïs et de riz) servent de fourrages pour les animaux pendant 3 à 4 mois de soudure.
Sur tous les plans, le barrage de Sérédji a amélioré considérablement les conditions de vie des populations. Les échanges fructueux avec les propriétaires terriens ont permis l’aménagement et la gestion de l’ouvrage à la satisfaction de tous. Un bel exemple à diffuser dans d’autres villages.

Canevas de capitalisation des Conventions Locales de GRN