Introduction
L’association de Recherche-Action Femmes et Développement est une organisation non gouvernementale de nationalité malienne. Elle est apolitique et à but nonlucratif. Elle s’est doté de la personnalité morale le 3 mars 1992 en signant l’accord cadre avec le gouvernement malien. Le présent projet s’inscrit dans la stratégie nationale du Mali en matière d’atténuation des effets du changement climatique et le programme opérationnel relatif à la promotion de l’adoption des énergies nouvelles et renouvelables. Il cadre avec le programme national de développement des ressources en énergie nouvelles et renouvelables dont l’objectif est de contribuer à satisfaire durablement les besoins énergétiques des populations, par la promotion et l’utilisation des énergies nouvelles et renouvelables, pour réduire la pression sur les ressourcesligneuses et mieux protéger l’environnement. Ce projet répond à une demande des populations de Samènè relative à la recherche de solutions de la coupe abusive de ressources ligneuses entraînant la réduction progressive de la diversité biologique, mais aussi de la recherche des alternatives pour améliorer les foyers en banco exposés aux aléas climatiques ou un autre type de foyer qui peut s’adapter aux réalités des cuisines et aux conditions de préparation des repas.
Du constat à l’alternative
A l’origine du projet : un diagnostic environnemental effectué en 2003 dans la commune rurale de Saméné (sept villages), située à une quarantaine de kilomètres de Ségou, qui a mis en évidence la coupe abusive de bois dans la zone, la destruction du couvert végétal, la perte progressive de la diversité biologique. Le bois coupé est d’une part consommé par les habitants de la commune et d’autre part vendu à Ségou. En conséquence s’est posée une question portant sur les moyens de réduire la consommation de bois et d’économiser l’énergie.
La recherche d’alternatives s’est finalement concrétisée par la confection et la vulgarisation d’un nouveau type de foyers, dont la construction simple et peu coûteuse a été confiée à l’Agence Malienne pour le Développement de l’Energie Domestique et de l’Electrification Rurale (AMADER). Chaque foyer amélioré est ainsi composé de trois pieds de 5 à 10 centimètres servant de supports de fixation du foyer dans le sol, de deux parois métalliques et cylindriques creuses, l’interstice entre les deux devant être comblé avec de l’argile ou du ciment, et d’une porte d’entrée (cf.photo). Ce foyer s’appellera ainsi BA DJENEBA dédié à la mémoire de feue Djenèba Diarra, présidente de l’Association disparue en novembre 2003.
Trois tailles de foyers

Le projet de foyers améliorés a été financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Un agent de l’ARAFD a par ailleurs pu être envoyé sur place et a recueilli les observations des populations. Celles-ci demandaient en effet que la taille des foyers soit révisée. Les premiers foyers pouvaient servir à préparer la nourriture pour 5 à 10 personnes, ce qui était très insuffisant, compte tenu des besoins que pouvaient avoir certaines familles dont le nombre avoisine les cinquante personnes. En réponse aux demandes des populations, ce sont finalement trois types de foyers qui seront commandés à l’AMADER : petits pour les marmites n°3 à 5, moyens pour les marmites n°5 à 10, et grands à partir des marmites n°15, ces derniers concernent principalement les grandes familles, les dolotières, les restaurants et les gargotières. Sept cents foyers domestiques améliorés de trois tailles seront donc construits pour équiper les villages de la commune rurale de Saméné, à raison de cent par village. Compte tenu du faible coût de fabrication de ces foyers et de la simplicité technique de leur fabrication, le prix de vente reste modique et varie en fonction de la taille des foyers
pour les foyers de grande taille 15.000fcfa
pour les foyers de moyenne taille 13.000fcfa
pour les foyers de petite taille 10.000fcfa
Des résultats jugés satisfaisants
Selon les dires de M. Oumar Sanko de l’ARAFD l’association est parvenue a des résultats plus que satisfaisants : la réduction du temps que les femmes consacraient à la cuisine et la diminution de la consommation de bois. L’AMADER a par ailleurs corroboré les évaluations de l’ARAFD en fournissant un rapport technique positif sur les tests de foyers.
Tout indique que ce nouvel instrument s’est révélé être à la fois un appui précieux aux ménagères et une technologie performante pour économiser l’énergie. En ce qui concerne les chiffres l’AMADER a pu calculé que le rendement thermique du foyer, c’est-à-dire le rapport de l’énergie récupérée par le contenu de la marmite à l’énergie produite par la combustion est de l’ordre de 42%. La consommation totale de bois pour amener puis maintenir à ébullition une marmite n°3 ou 5 pleine d’eau est de 400 grammes, contre ? pour un foyer traditionnel.
Cette méthodologie de test élaborée en 1986 lors d’un séminaire régional de chercheurs sahéliens à Mansankon en Gambie a par ailleurs été complété par une série de tests culinaires sur deux plats : le riz au gras et les haricots. Les résultats suivants ont été observés :
| Repas | Riz au gras : 1,5 kg | Haricots : 2 kg |
| Consommation de combustible (bois) foyers traditionnels | 3,200 kg | 5,75 kg |
| Consommation de combustible (bois) foyers améliorés | 1,25 kg | 2,3 kg |
| Temps de cuisson foyers traditionnels | 3h 05 min | 4h 30 min |
| Temps de cuisson foyers améliorés | 2h 34 min | 3h 24 mn |
Il apparaît donc que les résultats de ces foyers améliorés vulgarisés par l’ARAFD dans la commune de Saméné sont probants et que l’environnement devrait pouvoir se régénérer rapidement. La seule ombre au tableau restant peut-être, selon les paroles de M. Sanko, la durée de vie limitée à quatre ou cinq ans de ces foyers.

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