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La jeunesse face aux défis de l’intégration Africaine

Le panafricanisme, l’Unité Africaine, l’intégration régionale et l’implication de la jeunesse, sont des thèmes abordés lors de cette conférence débat.

Article publié le 28 mai 2008
http://initiatives-mali.info/spip.php?article1285

A l’occasion de la commémoration de la journée de l’Organisation de l’Unité Africaine, la promotion Droit Public Modibo Sidibé (1999-2003) de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques (FSJE), a organisé, le samedi 24 mai, au CICB, une conférence-débat qui avait pour thème « la jeunesse face aux défis de l’intégration africaine »

- Excellence Monsieur le Parrain de la promotion, Premier Ministre et Chef du Gouvernement,
- Excellence Messieurs les Ministres,
- Excellence Madame la modératrice,
- Monsieur le conférencier,
- Mesdames et Messieurs de la promotion Modibo SIDIBE de la Faculté des Science Juridique et Économique – Droit public 1999-2003,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier le Ministère des Maliens des l’extérieurs et de l’intégration Africaine, pour la confiance et l’honneur qu’il fait à la jeunesse et à moi-même en me désignant conférencier chaque fois que le besoin se fait sentir.

Du panafricanisme à l’Union Africaine

Le panafricanisme est un combat contre la balkanisation (fractionnement, morcellement, division) de l’Afrique par les puissances coloniales, à la conférence de Berlin en 1885.

D’origine Anglo-saxons, le panafricanisme est une simple manifestation de solidarité fraternelle entre les descendants des esclaves des Antilles Britanniques et des Etats-Unis d’Amérique.

Quelques objectifs :
- La promotion les droits de tous les peuples d’origines africaines dans les pays « civilisés », en 1900,
- La reconnaissance des hommes comme des « civilisés », quelle que soit leur race ou leur couleur, en 1923,
- La lutte pour l’indépendance, en 1958,

L’intégration est un processus par lequel plusieurs États souverains s’engagent à éliminer toutes les formes de discrimination entre les agents socio-économiques, afin d’intensifier leurs échanges commerciaux et d’accélérer leur croissance.

L’indépendance douloureusement acquise, la nécessité de l’unité qui suppose généralement la création d’institutions communes s’imposait pour barrer la route à toute déstabilisation impérialiste. D’où la multiplication au fil des années des tentatives de regroupements à travers des conférences.

- La conférence de Casablanca du 3 au 7 janvier 1961 regroupant la république Arabe Unie, Ghana, Guinée, Libye, Mali, Maroc, et le gouvernement provisoire révolutionnaire d’Algérie (GPRA). C’est le début de la constitution du groupe de Casablanca ;
- La conférence de la Guinée, Mali, et Ghana le 29 avril 1961 proclamant l’Union Ghana-Guinée-Mali ;
- La conférence interafricaine de Monrovia en présence de tous les pays africains indépendants exceptés ceux de la conférence de Casablanca. C’est la constitution du groupe de Monrovia.

C’est pour dire que bien avant la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), le 25 mai 1963, les partisans de deux concepts différents de l’Afrique s’affrontent :
- D’un côté les fervents panafricanistes, Modibo KEITA du Mali, Cheick Anta DIOP du Sénégal, Ahmed Sékou TOURE de la Guinée Conakry, Patrice LUMUMBA du Congo … à sa tête le Ghanéen Dr Kwamé N’KRUMA, militent pour un continent profondément uni, doté d’un gouvernement unique. C’est le groupe progressiste dit groupe de Casablanca.
- De l’autre côté le groupe des conservateurs dit groupe de Monrovia préfère maintenir les frontières et les souverainetés nationales.

Les chefs d’Etats africains, réunis en quatrième session extraordinaire de l’Organisation de l’Unité Africaine « OUA » à Syrte (Libye) les 8 et 9 septembre 1999 déclarèrent solennellement vouloir créer l’Union Africaine.

L’Union Africaine entrée en vigueur le 26 mai 2001 est l’expression d’une volonté politique commune de renforcer les regroupements sous-régionaux pour un développement socio-économique durable.

- La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), 25 mai 1975 ;
- La SADC (Communauté de développement de l’Afrique Australe), avril 1980 ;
- L’ UMA (Union Maghreb Arabe), 17 février 1989 ;
- La CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale), en 1994 ;
- La CEAE (Communauté des États de l’Afrique de l’Est)

Cette interdépendance suppose un réel transfert de souveraineté nationale vers la supranationalité et la mobilisation collective des ressources financières auprès des mêmes créanciers pour combler le retard qui sépare l’Afrique des pays développés. Cette notion de fossé à remplir (bridging gap) à des fins de satisfactions de la demande sociale, est l’ultime raison d’existence du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Le NEPAD).

Le NEPAD, adopté au 37ème sommet des chefs d’Etats et du gouvernement à Lusaka (Zambie) en juillet 2001, est la résultante de la combinaison, sinon de la fusion de deux initiatives (Programme Millénium pour l’Afrique - MAP et OMEGA) obtenues sur la base de discussions diplomatiques.

Le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs

Pour favoriser l’adoption des lois, politiques, normes et pratiques appropriées pouvant mener à la stabilité politique, à une forte croissance économique, et à une intégration économique accélérée, le comité des chefs d’État et de gouvernement chargé de la mise en oeuvre du NEPAD a adopté les documents relatifs au Mécanisme Africaine d’Evaluation par les Pairs : MAEP en Mars 2003 à Abuja (Nigeria).

Le MAEP est un processus d’évaluation participatif de la gouvernance qui requiert un engagement de l’ensemble des acteurs du développement, à savoir le gouvernement, les institutions, les partis politiques, la société civile, la presse et les collectivités locales…

Le processus d’évaluation comporte deux grandes étapes :
- 1.Une évaluation interne conduite par une Commission Nationale qui doit produire le Rapport national d’autoévaluation et,
- 2.Une évaluation externe menée par une équipe d’experts africains dirigée par un membre du Panel des Éminentes Personnalités du MAEP.

Les dirigeants africains se proposent par l’entremise de l’UA, du NEPAD et du MAEP de se doter de leur propre vision, mécanisme et programme d’action en faveur de l’Unité, de la gouvernance et du développement fondé sur un ordre du jour décidé par les africains de leur propre gré afin de déterminer eux-mêmes leur destin. De plus les acteurs reconnaissent qu’ils ne réussiront que si la population africaine se l’approprie. Ainsi, les dirigeants africains lancent-il un appel à la jeunesse africaine qui représente plus de la moitié de la population africaine pour qu’elle prenne conscience de la gravité de la situation et la nécessité de se mobiliser pour mettre un terme à la marginalisation continue de l’Afrique ?

L’intégration régionale et la jeunesse

La CEDEAO et l’UEMOA constituent une composante majeure de l’Afrique, malgré qu’elle est en proie à de nombreux et complexes défis qui freinent son développement. (Les foyers de tensions, les économies exposées, la détresse de la jeunesse, les frustrations de nos populations…).

L’intégration de notre sous région, suscite des espoirs ?

Elle vise entre autres l’élimination de tous les obstacles à la libre circulation des biens, des services, des capitaux et le droit de résidence et d’établissement.

Pour notre pays, l’unité et l’intégration africaine ne sont ni de vains mots, encore moins de slogans creux. Nous voudrions que l’Afrique, en tant que continent devienne un seul pays. Cet engagement du Mali pour la cause africaine ne date pas d’aujourd’hui comme en témoigne :
- L’inscription dans la Loi fondamentale du principe de renoncer à tout ou partie de sa souveraineté pour la cause de l’unité du continent ;
- L’hymne nationale du Mali ; L’hymne du Mali exprime l’unité du Mali en particulier et celle de l’Afrique en générale. « …Un peuple un but une foi, Pour une Afrique unie,… »
- Le champ des pionniers du Mali, créé depuis 1963, « ...Nous faisons ce serment, Nous ferons le Mali, Nous ferons l’Afrique … »
- La ratification de la charte africaine de la jeunesse depuis août 2006 adopté à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement tenue le 2 juillet 2006 à Banjul en République de Gambie.

L’objectif de cette charte est de dégager des perspectives d’actions afin de renforcer la pleine participation des jeunes à la vie politique, économique, sociale et culturelle des Etats. Elle vise également à assurer l’implication constructive de la jeunesse dans les programmes de développement de l’Afrique et sa participation effective aux débats et au processus de prises de décisions…

La Jeunesse, un bastion fort qui exige l’image qu’elle veut du Mali : Un Mali uni et prospère, c’est cette Jeunesse formée, organisée, forte et engagée face à la défaillance des politiques pour faire accélérer le processus d’intégration de façon favorable aux peuples maliens.

Beaucoup de situations difficiles que connaît nos pays aujourd’hui sont dues à des déficits démocratiques que seuls des compromis démocratiques fondés sur le respect mutuel, la tolérance, la non violence, l’entraide peuvent régler.

La jeunesse doit se doter de courage et d’initiatives pour incarner un projet qui puisse à la fois entraîner, dynamiser et rassembler, afin de lui permettre de participer aux processus de construction nationale selon les moyens et principes qui excluent son instrumentalisation et qui favorisent et orientent son action dans le sens du progrès social.

Préparé et présenté par Bassidy DIABATE
Chargé de la vie associative du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) Mali
Téléphone : CNJ/Mali : (223) 222-52-44
Courriel

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