La « Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain » (COPAGEN) et ses organisations membres ont adressé une lettre au ministère de l’Environnement et de l’Assainissement lui demandant d’annuler le contrat d’exploitation forestière accordé à un opérateur privé, la « Société Afro Asie Bois Mali ».
L’étendue du contrat est de 6 millions (6.650.000) d’hectares, soit 18,50 pour cent du territoire national alors que la « Société Afro Bois Mali » n’est ni identifiée à l’étranger, ni immatriculée au registre du commerce du Mali.
De ce fait, il parait inimaginable qu’un pays sahélien comme le Mali, menacé par la désertification brade l’une des rares parties du pays encore à l’abri de ce fléau.
Des dégâts importants ont été constatés chez certaines espèces de bois très rares (notamment le guenou) après des coupes à blancs réalisées dans les forêts pré guinéennes autour de Kita. Lors des deux premiers mois d’exploitation, 243 tonnes de bois auraient été exporté, ce qui suscita un grand émoi chez les populations.
Devant la situation, le Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement a suspendu provisoirement cette coupe anarchique ; néanmoins, devant l’imminence de la reprise de la saignée, les populations locales ont décidés de manifester leur mécontentement.
La COPAGEN entend ainsi relayer ce mouvement pour une prise de conscience nationale sur les enjeux de la protection des richesses biologiques et sur la relation de partenariat que le Mali souhaite développer avec la Chine. Sur ce dernier point, la COPAGEN relève un danger « d’effets d’annonce » continue visant à cacher la forêt par la construction d’un nouvel hôpital ou d’un troisième pont à Bamako.
Parallèlement, au delà des graves conséquences sur le patrimoine environnemental de notre pays, la COPAGEN insiste sur l’usurpation des dispositions de la décentralisation ainsi que « les flagrantes violations des procédures administratives, techniques et financières » en vigueur. Selon l’un des porte parole de la COPAGEN, cette affaire devra servir d’exemples pour mettre fin à l’impunité dont bénéficie certains fonctionnaires qui prépare, à côté de leurs villas démesurés, un Mali toujours affaibli, humilié et spolié.
Retrouvez la lettre de la COPAGEN au Ministre de l’Environnement et de l’Assainissement ci-jointe.

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Lettre de la COPAGEN au Ministre de l’environnement et de l’assainissement