Nous sommes à une étape charnière de la Décentralisation où la polémique bat son plein sur ses avancées et ses difficultés. Le verre est-il à moitié vide ou plein ? La réalité est que le processus est confronté à des problèmes sensibles et objectifs qui ne peuvent se résoudre dans la précipitation. D’aucuns fustigent la faible volonté politique de certains services centraux de renforcer les compétences des collectivités territoriales (CT).
A notre avis, le tableau doit être beaucoup plus nuancé ! Car les obstacles objectifs ne manquent pas, comme les articles ci – dessous le montrent. Il y a par exemple la communication entre les acteurs pour mieux interpréter les textes et les concilier avec la décentralisation. Dans la gestion des ressources naturelles (GRN) en particulier, il y a des aménagements coûteux (ayant coûté souvent des dizaines de millions de CFA) dont la gestion est confiée à des comités de gestion villageois ou des associations d’usagers mal ou pas du tout préparés et ne bénéficiant d’aucun accompagnement technique. C’est le cas de puits et périmètres pastoraux ou de massifs forestiers où l’on peut à peine parler d’avancées de la démocratie de proximité. C’est dire que le progrès (ou le développement) ne se fait pas en ligne droite, mais connaît des hauts et des bas.
L’Etat a donné un cadre législatif national propice au développement local et auquel il faut donner progressivement des contenus locaux. Ce n’est pas la rapidité des actions qui importent, mais l’assurance qu’on va dans la bonne direction comme aimait à le rappeler le mwalimu Julius Nyéréré. Là où le transfert de compétences a le plus avancé, ces départements ont bénéficié d’appuis financiers et techniques massifs par les partenaires techniques et financiers (PTF) à travers des programmes appropriés. Il est bon que les innovations sectorielles se mettent en place progressivement et non pas toutes en même temps et au même lieu. Il appartient aux élu(e)s locaux (et nationaux pourquoi pas ?) et aux organisations de la société civile (OSC) locales de déterminer les priorités sectorielles locales et régionales dans le cadre d’un plan de développement local basé sur les savoir faire locaux, les ressources et les potentialités locales. Cette dynamique doit impliquer l’administration et les services techniques locaux. Et ensemble, tous ces acteurs locaux interpellent les départements ministériels appropriés qui traduisent ces dynamiques dans des programmes de développement sectoriels et mobilisent les PTF.
Le Réseau Réussir la Décentralisation et ses membres se trouvent sur cette lancée et contribuent ça et là à renforcer les capacités des élus locaux, à faciliter l’adoption de conventions locales (même transfrontalières) de GRN et d’autres mesures pour la gestion décentralisée et durable des ressources pastorales et forestières. L’initiative d’action pour un démarrage économique local (tout en renforçant l’ancrage de la démocratie de proximité) appartient aux élu(e)s locaux et aux OSC qui doivent travailler main dans la main. A ce moment, on verra que le verre n’est pas à moitié vide, mais à moitié plein !

Etude sur le reboisement dans les cercles de Kati et Bougouni